Wolfenstein 3D : il y a 20 ans naissait le FPS

A l’heure où les analystes de la géopolitique argumentent autour de l’état des relations franco-allemandes guidées par le nouveau couple Hollande-Merkel, Wolfenstein 3D fête ses 20 ans en s’offrant gratuitement aux possesseurs d’iPhone et d’iPad. Si mettre ces deux informations en corrélation est a priori capillotracté, il n’empêche que Wolfenstein reste un symbole du manichéisme des jeux vidéos des années 1980-1990. Car lorsqu’il sort en 1992, ce pionnier du FPS se propose d’assouvir un instinct primaire (mais justifiable) : botter l’arrière-train des nazis. Sauf qu’avec Wolfenstein, exit les relations internationales et les procès de criminels de guerre, ici c’est la loi du Talion qui s’applique à grands coups de mitraillette bien sentis.

Dans la peau d’un clone de Dolf Lundgren, dénommé William Joseph Blazkowicz -alias BJ pour les intimes-, le joueur est un immigré polonais chargé de jouer les espions pour les alliés. Il est à la recherche de la Lance du destin. Cet objet sacré, qui avait notamment servi à percer le flan de Jésus lors de la crucifixion, aurait été subtilisé par Adolf Hitler pour mener sa guerre et porter son idéologie nazie. Sur ce postulat, BJ se lance dans sa mission corps et âme. Il est alors envoyé dans un étrange château, Wolfenstein, construit comme un véritable labyrinthe. Si la reconstitution historique s’arrête à quelques drapeaux arborant la croix gammée et des portraits du führer affichés le long des murs, c’est un dédale de couloirs et de pièces bondées d’ennemis qui attendent le joueur chargé de nettoyer les lieux avec la même délicatesse qu’un éléphant chargé de balayer devant une maison. Le gameplay, autrefois audacieux, est aujourd’hui devenu quasi-handicapant, tant les FPS ont évolué et la conception de leur jouabilité a changé. N’espérez donc pas pouvoir vous retourner rapidement, ni regarder en haut ou en bas, vous baisser, voire même ramper. Car encore une fois, W3D n’apporte aucune subtilité, en atteste les flots de sang qui accompagnent chacune de vos balles.

Sur un scénario digne d’une série Z écrite avec les pieds par un psychopathe manchot, W3D est surtout un défouloir pour le joueur avide de tuer du SS. Surtout, il doit être apprécié aujourd’hui comme une pièce de musée. Car en 1992 avec Wolfenstein, les développeurs d’ID Software jetaient les bases de ce qui allait devenir un genre de jeu à part entière : le First person shooter (jeu de tir à la première personne). Un jeu à l’origine des fameux Doom et Quake et sans doute des centaines de millions d’euros que rapportent chaque année aux éditeurs le genre FPS. Si la version iOS apporte des graphismes HD fidèles à l’original, celle-ci compte également quelques bonus pour étoffer la légende de Wolfenstein (choix du niveau, anecdotes autour de sa conception…).

Wolfenstein 3D, éd. ID Software, sur iPad et iPhone, gratuit.

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