Parmi les perles vidéoludiques qui ont peuplé les débuts du jeu vidéo, Dragon’s Lair fait figure de légende. Ce dessin animé interactif sorti en 1983 est disponible depuis mi-avril sur les smartphones Android. Une aventure épique qui rappelle la bonne vieille époque où les graphismes l’emportaient sur un gameplay bancal. Un temps, aujourd’hui révolu, où les joueurs pouvaient passer des heures à tenter de triompher d’un tableau sensé être torché en quelques secondes.
A l’origine du projet Dragon’s Lair (La tanière du dragon), on retrouve un roi de l’animation : Don Bluth. Cet ancien de chez Disney est un crack dans son milieu. On lui doit notamment Fievel et le nouveau monde, Anastasia ou encore le mésestimé Titan A.E. En 1982, l’homme fonde sa société de jeux vidéo pariant sur l’avenir radieux de ce nouveau média. L’année suivante naît Dragon’s Lair avec pour ambition d’en mettre plein les rétines à tous les joueurs habitués aux enchevêtrements de pixels informes des jeux de l’époque. L’idée n’est pas d’offrir un monde programmé sous DOS, mais de proposer aux gamers d’orienter le cour d’un dessin-animé grâce à un pad. Concrètement on appuie sur la flèche de gauche ou de droite, haut ou bas afin de générer une série de manœuvres qui vont influer sur le scénario. Un système que l’on retrouve encore aujourd’hui dans les productions actuelles avec les fameux Quick time events.
Côté scénario, on est ici dans le plus basique que l’ère vidéoludique ait introduit : un intrépide chevalier, prénommé Dirk, doit sauver une jeune princesse blonde, Daphné, des mains d’un sorcier maléfique. Sauf que ce dernier nous attire dans un lieu maudit, un château parsemé d’embûches… Rien d’étonnant, si ce n’est que le jeu est doté de tableaux sublimes et de personnages dignes des meilleures productions animées de l’époque. Pourtant la "jouabilité" compte ici parmi les plus ardues de l’histoire du jeu vidéo. Car tout se joue en un millième de seconde. On peut réessayer cent fois un tableau et mourir toujours bêtement, en répétant à chaque fois la même erreur.
Le portage sur les smartphones et tablettes actuels conserve ainsi ce problème inhérent qui gâche légèrement le plaisir de jeu. Pourtant, tout s’avère fidèle à l’original avec des graphismes HD en prime. Reste au vieux gamers et aux jeunes joueurs la possibilité de mettre la main sur l’un des rares joyaux du début des années 1980.
Dragon’s Lair, éd. Digital Leisure inc., Android 4,65 euros, iPad 3,99 euros, iPhone 0,79 euros.
